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Osei Da Producer : Himra, Tieme Music et le business

Osei Da Producer, fondateur de Tieme Music, raconte Himra, le streaming en Côte d'Ivoire et explique les contrats de la musique.

Il ne rappe pas, il ne chante pas, mais son nom revient dès qu'on parle des succès récents du rap ivoire. Osei Da Producer, fondateur de Tieme Music, a passé une heure au Rendez-vous du Game.

Au programme : sa rencontre avec Himra, la construction d'un marché qui paye, et un cours clair sur les contrats de la musique.

Tieme Music, « écoute-moi »

Le nom vient d'une langue ghanéenne et signifie « écoute-moi ». Franco-ghanéen, Osei a démarré au Ghana, en pleine explosion de la drill de Kumasi, avec des artistes comme Jay Bahd. Son objectif : porter des voix qu'on n'entend pas assez.

Avant d'être entrepreneur, il a été beatmaker, un peu par accident. Immobilisé à l'hôpital après un accident de voiture, il apprend à produire avec des tutoriels YouTube. En studio, il remarque que beaucoup d'artistes ne savent pas sortir leur musique sur les plateformes. Ce besoin deviendra Tieme Music, qu'il décrit comme un écosystème : distribution, licence, production et édition.

Himra, du coup de cœur à la séparation

Osei découvre Himra grâce à un featuring avec Jay Bahd sur IDK2. Il dit avoir pris « une gifle » en écoutant le projet. Un message sur Instagram plus tard, le contact est noué. Quand Himra quitte sa structure, la collaboration démarre avec le projet Une Fois.

BigCed est revenu sur la sortie de Himra sur les réseaux, qui avait surpris. Osei reste calme : ils se parlent toujours. Un contrat a une date de fin, Himra voulait monter sa propre structure, et on ne peut pas être deux patrons dans la même boîte.

Il compare son label au Stade de Reims face au Real Madrid : on s'y révèle avant de partir plus haut. Retenir un artiste par loyauté reviendrait à l'empêcher de réaliser son rêve.

Un marché qui doit payer

Longtemps, les majors refusaient d'investir sur des artistes au public surtout local. Pour Osei, le succès de Himra a fait décoller le streaming en Côte d'Ivoire, et chaque abonnement profite à tous les artistes. Son modèle est le Nigeria, où Wizkid, Davido, Burna Boy puis Rema ont installé un marché stable.

Sur la monétisation YouTube, encore bloquée dans plusieurs pays francophones, son hypothèse est simple : la plateforme estime qu'il n'y a pas assez d'annonceurs. La seule réponse, c'est de continuer à créer et à consommer jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus l'ignorer.

Les contrats, expliqués simplement

À la demande de BigCed, Osei a vulgarisé l'essentiel :

  • Production : le label paie tout et possède la musique. L'artiste garde son image.
  • Distribution : l'artiste finance tout et touche la majorité des revenus, mais il assume aussi la promo.
  • Entre les deux : un partage, par exemple à 50/50, où chacun a intérêt à ce que le projet marche.
  • Édition : les droits d'auteur, collectés par le BURIDA ou la SACEM.

Son principe : un artiste doit savoir exactement ce qu'il signe, pour ne pas se sentir trahi cinq ans plus tard.

Son dernier mot aux artistes : aimer ce qu'on fait, ne pas avoir peur d'échouer, et se rappeler qu'une fois le travail fait, c'est du business.

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