Tino TheBenzoBoy : Benzo Président, trois mandats en musique
Tino TheBenzoBoy présente Benzo Président au Rendez-vous du Game : trois mandats, un album bouclé dans l'urgence et des titres engagés.
BCBigCed25 octobre 2025 · 2 min de lecture
Tino TheBenzoBoy n'est pas venu au Rendez-vous du Game en simple rappeur, mais en président. Avec Benzo Président, il se glisse dans la peau d'un jeune chef d'État et raconte ses trois mandats. Pendant 40 minutes, il n'a jamais quitté son personnage.
Au menu : une INTRO où le président annonce qu'il ne vote pas, un album bouclé en un temps record, des titres sur l'histoire et la paix, et une question franche sur les menaces.
La suite de Benzo Arrive
Après Tamarud, Tino prolonge Benzo Arrive, où il jouait un chef de milice parti prendre le pouvoir. Cette fois, il y est. L'album, découpé en trois mandats, raconte un jeune président plein de rêves qui prend goût au pouvoir et finit par lâcher son combat pour le confort.
Ce récit lui permet de parler de trahison, d'amour, d'amitié ou de spiritualité. Et quand on lui demande à qui ressemble ce président, sa réponse ne varie pas : le président Benzo, c'est lui.
Le morceau INTRO, lui, n'est pas un appel à l'abstention. C'est une marque d'impartialité : Tino dit simplement qu'il n'a pas de parti, et il invite tout le monde à aller voter.
Un album écrit dans l'urgence
L'idée naît fin juillet avec Peliano et l'équipe de WAR51. Il fallait une quarantaine de titres en deux ou trois semaines. Tino en écrit une cinquantaine, dans un rush total. Sa méthode : le texte d'abord, l'instru ensuite. Détail surprenant, il écoute très peu de rap et surtout de la musique traditionnelle.
Des titres qui ont des choses à dire
Kragbé Gnagbé porte le nom de la figure centrale de l'affaire du Guébié, en 1970. Ce n'est pas un appel à parler fort, précise Tino, mais à être honnête avec son art : on ne choisit pas d'être éboueur pour refuser la boue.
AES est un message de paix adressé aux pays de l'Alliance des États du Sahel. Marcory Beyrouth joue sur l'absurde et défend l'accueil : pour lui, le vrai problème n'est pas la présence des étrangers, mais la corruption.
Avec Soungourouba, l'anecdote est belle. Bloqué en studio, Tino n'arrivait pas à retrouver l'émotion du texte. Attito est entré dans la cabine et lui a montré une photo en lui demandant de chanter en la regardant. Une seule prise, et le son était fini.
Les menaces ? Une question d'honnêteté
BigCed lui a raconté qu'un autre invité engagé lui avait demandé de retirer son épisode après des menaces. Tino répond par une image : « tu as peur du serpent, mais tu fais quoi en brousse ? » Quand on choisit une route, il faut assumer ce qu'on y croise.
Son dernier mot va au peuple, ses « patrons » : privilégier la réflexion et étudier son histoire, car celui qui ne connaît pas la sienne finit par faire des histoires.